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Démarche diagnostique face à une suspicion d'embolie pulmonaire dans le service des urgences médicales d'un CHU de taille moyenne d'Ile de France

Christophe LEROY1, Frédéric PAYCHA2, Patrick BRUN1, Alain FONTAINE3
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Service des urgences, 2Unité de Médecine Nucléaire, 3Unité d'Evaluation, Hôpital Louis Mourier, AP-HP, 92700 Colombes.

1) Données statistiques et démographiques :

En l'an 2000, le service des urgences médicales de l'hôpital Louis Mourier a enregistré 10 000 passages. Cette suspicion concernait un patient âgé (> 60 ans) dans 75 % des cas. Cette prépondérance de patients "seniors" reflète la structure de la démographie française (17 % de la population est âgée de plus de 65 ans) et celles du bassin de vie desservi par l'hôpital (65 000 personnes âgées de plus de 65 ans).

2) Profil clinique des patients posant un problème diagnostique :

L'évaluation clinique d'embolie pulmonaire chez un patient jeune réserve relativement peu de surprise et d'incertitude en pratique quotidienne. Il en est tout autrement de la présentation clinique de l'individu âgé (Matzdorff, Kniffin, Stein1991, Jeandel). Typiquement, le motif de consultation aux urgences est la dyspnée chez un patient à l'autonomie diminuée, aux antécédents cardiaques (cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque, valvulopathie,...) et pulmonaires (BPCO,...) voire néoplasiques. L'état veineux des membres inférieurs est par ailleurs souvent médiocre. Il s'agit d'une dyspnée d'apparition récente ou récemment aggravée pour laquelle il existe peu d'arguments pour une origine cardiaque ou bronchique. La conduite à tenir au plan diagnostique comporte l'élaboration d'un score clinique (Perrier, Wells) incorporant quelques signes cliniques essentiels (tachycardie, tachypnée, caractéristiques de la douleur thoracique), les éventuels signes de thrombo-phlébite des membres inférieurs, les antécédents ou les facteurs de risque de maladie thrombo-embolique, la notion d'un alitement récent, mais également tout syndrome clinique orientant fortement vers une autre pathologie cardio-pulmonaire (angor, OAP, péricardite aiguë, pleuro-pneumopathie aiguë, crise d'asthme,...). Un tel score doit être simple, rapide, reproductible, applicable à un large spectre de patients et de présentations cliniques, enfin il doit être validé localement.

3) Les outils diagnostiques de routine :
a) Examens complémentaires de première ligne:

b) Examens d'imagerie non invasive de deuxième ligne

c) Le gold standard:

L'angiographie pulmonaire est disponible en urgence 7 jours/7, 24 h/24.

  • 3) Résultats :
  • a) Une maladie thrombo-embolique, presqu'exclusivement une embolie pulmonaire, a été cliniquement évoquée près de 500 fois (5 %) à en juger simplement sur le nombre de dosages de D-Dimères. Parmi ces dosages, 150 (30 %) présentaient un taux < 500 ng/mL.

    b) Soixante-quinze scintigraphies pulmonaires de ventilation/perfusion (21,4 %) ont été demandées par le service des urgences chez les patients à D-Dimères > 500 ng/mL:

    c) Au décours de la scintigraphie pulmonaire, deux angio-scanners (2,5 %) ont été réalisés dans un autre établissement, confirmant la conclusion de celle-ci (EP récente dans un cas, absence d'EP dans l'autre cas).

    d) Aucune angiographie pulmonaire n'a été demandée par le service des urgences médicales de l'hôpital Louis Mourier.

    Conclusion :

     

    Références :

    Howarth DM, Lan L, Thomas PA, et al. 99mTc Technegas ventilation and perfusion lung scintigraphy for the diagnosis of pulmonary embolus. J Nucl Med 1999; 40: 579-584.

    Jeandel C, Blain H. La maladie throbo-embolique en gériatrie. Presse Med 1998; 27: 1451-1452.

    Kniffin WD, Baron JA, Barrett J, et al. The epidemiology of diagnosed pulmonary embolism and deep venous thrombosis in the elderly. Arch Intern Med 1994; 154: 861-866.

    Magnussen JS, Chicco P, Palmer AW, et al. Enhanced accuracy and reproducibility in reporting of lung scintigrams by a segmental reference chart. J Nucl Med 1998; 39: 1095-1099.

    Matzdorff AC, Green D. Deep vein thrombosis and pulmonary embolism: prevention, diagnosis, and treatment. Geriatrics 1992; 47: 48-63.

    Perrier A, Bounameaux H, Morabia A, et al. Diagnosis of pulmonary embolism by a decision analysis-based strategy including clinical probability, D-Dimer levels, and ultrasonography: a management study. Arch Intern Med 1996; 156: 531-536.

    Sostman HD, Coleman RE, DeLong DM, et al. Evaluation of revised criteria for ventilation-perfusion scintigraphy in patients with suspected pulmonary embolism. J Nucl Med 1994; 193: 103-107.

    Stein PD, Coleman E, Gottschalk A, et al. Diagnostic utility of ventilation/perfusion lung scans in acute pulmonary embolism is not diminished by pre-existing cardiac or pulmonary disease. Chest 1991; 100: 604-606.

    Stein PD, Gottschalk A, Saltzman HA, et al. Diagnosis of acute pulmonary embolism in the elderly. JACC 1991; 18: 1452-1457.

    Stein PD, Gottschalk A. Review of criteria appropriate for a very low probability of pulmonary embolism on ventilation-perfusion scans: a position paper. RadioGraphics 2000; 20: 99-105.

    Wells PS, Ginsberg JS, Anderson DR, et al. Use of a clinical model for safe management of patients with suspected pulmonary embolism. Ann Intern Med 1998; 129: 997-1005.