retour sommaire réunion de l'APRAMEN
Philippe Girard, Institut Mutualiste Montsouris, 75014, Paris
Pendant près de 100 ans, le diagnostic dembolie pulmonaire (EP) est resté basé sur la clinique et lautopsie. Lavènement de moyens objectifs (scintigraphie et angiographie pulmonaires) dans les années 1960 a mis en évidence la très mauvaise spécificité de la clinique, même associée à des examens para-cliniques simples (radio, gaz du sang, ECG ) : environ 1/3 seulement des patients suspects dEP ont effectivement une EP . On passe alors du diagnostic purement clinique au diagnostic purement para-clinique, basé exclusivement sur langiographie ou la scintigraphie.
La scintigraphie seule, toutefois, ne permet daffirmer on dinfirmer le diagnostic dEP que chez environ 1/4 des patients suspects dEP. Langiographie, qui reste en 2001 le " gold standard " pour le diagnostic dEP, est un examen qui reste relativement invasif, avec notamment 0.5% de complications mortelles . Langioscanner permet déviter un certain nombre dangiographies, mais sa sensibilité, qui semble insuffisante, ne lui permet pas (pour linstant ?) datteindre le statut de " gold standard ".
Cest pourquoi, depuis quelques années, lune des voies de recherche dans le diagnostic de lEP consiste à tester des stratégies diagnostiques où interviennent, au lieu dun seul test de référence, des combinaisons de tests diagnostiques. Ces stratégies sont validées par des études dites " pragmatiques " : si on décide de ne pas traiter un patient, quelle est la probabilité que ce patient présente une EP au cours des 3 mois suivants ? Et dans ces stratégies diagnostiques, la probabilité clinique dEP, divisée en forte, faible ou intermédiaire et évaluée de façon empirique comme dans létude PIOPED ou à laide de " scores " formels , redevient un outil diagnostique à part entière. Par exemple, lassociation dune probabilité clinique faible ou intermédiaire, dune scintigraphie non diagnostique, et dune échographie veineuse normale semble permettre de ne pas traiter un patient suspect dEP .
La clinique viendrait donc au secours de la scintigraphie non-diagnostique