Retour sommaire14 ème Journée du CENTRE RENE HUGUENIN Mars 2000
Pierre BALDEYROU
Institut de Pathologie Thoracique Bizet, Paris
I - INTRODUCTION
Les premiers essais déchographie endo-bronchique datent dune dizaine dannées avec les premiers matériels déchographie utilisés par les gastro-entérologues ; des sondes miniaturisées ont été ensuite testées. Pour la première fois, du matériel déchographie endo-bronchique spécifique est suffisamment abouti sur le plan technologique pour être commercialisé.
Nous rapportons les premiers essais à la clinique BIZET de cette technique développée par H. Becker à Heidelberg avec les matériels de la Société Olympus.
II - MATERIEL
Deux sondes déchographie endo-bronchique sont utilisables.
dune part, les sondes dites " nues " qui donnent une échographie de contact
dautre part, des sondes déchographies munies dun ballonnet gonflable à leau.
Ce ballonnet vient en contact avec lensemble de la circonférence bronchique et permet davoir une image de toute la bronche et des tissus avoisinants.
Ces sondes sont munies dun transducteur animé dun mouvement rotatif par un moteur tournant à 300 tours/mn ;
La réalisation de cette échographie endo-bronchique nécessite lutilisation dun fibroscope bronchique avec un canal opérateur de large diamètre acceptant les sondes ; le fibroscope Olympus 1T40 est le mieux adapté à cette échographie endo-bronchique.
III - METHODE
Les sondes déchographie endo-bronchique ont été utilisées sur 200 patients environ en utilisant préférentiellement les sondes déchographie nues pour les lésions semi-distales et les patients examinés sous anesthésie locale. La sonde déchographie à ballonnet a été utilisée pour les lésions des voies aériennes proximales, trachée et troncs bronchiques proximaux, le patient étant alors sous anesthésie générale sous PROPOFOL.
IV - PARTICULARITES TECHNIQUES ET DIFFICULTES
La première difficulté tient à lanesthésie. Lhabitude en France est de réaliser lendoscopie bronchique sous anesthésie locale. Les sondes à ballonnets gonflables sont obstructives sur les voies aériennes et donnent une sensation de dyspnée intolérable sous anesthésie locale. On réserve donc ces endoscopies avec échographie et sonde à ballonnet à lanesthésie générale sous DIPRIVAN.
La seconde difficulté tient aux mouvements respiratoires et à la toux qui diminuent la qualité des images ; lanesthésie générale avec le broncho-scope rigide et la Jet-ventilation permet de tenir des apnées permettant une bonne acquisition dimages. Cependant la réalisation de bronchoscopies rigides avec Jet-ventilation nest pas habituelle en France.
Les difficultés de lecture des images obtenues sont certaines, lapprentissage en compagnie dun radiologue est facilité si lon na pas de formation dimagerie ultra-sonore.
V - INDICATIONS
Les indications essentielles de lexamen sont lévaluation des petites tumeurs endo-bronchiques pour essayer dapprécier lépaisseur et le volume de la tumeur dans la perspective dun traitement local. Si lon envisage une curiethérapie endobronchique, elle aidera au choix de la meilleure profondeur de prescription si lon prescrit en fonction des caractéristiques de la tumeur ; en effet il est alors possible de mesurer au moins lépaisseur de toute la paroi bronchique si la tumeur nest en elle-même individualisée par léchographie.
Les traitements proposés pour les tumeurs superficielles et micro-invasives sont multiples et leur efficacité discutée en raison de la grande hétérogénéité des lésions traitées : la possibilité de mesures précises devrait faciliter les comparaisons dune étude à lautre.
La seconde indication est la visualisation des extensions péri-trachéale et péri-bronchique proximales des cancers potentiellement opérables lorsquon discute de la réséquabilité. Une extension péri-bronchique endo-scopiquement non visible mais visible en péri-bronchique en échographie permet dorienter une ponction ou une médiastinoscopie et de récuser éventuellement un malade potentiellement chirurgical ou au contraire de proposer le malade au chirurgien.
La 3ème grande indication est lorientation des ponctions transbronchiques des adénopathies médiastinales et hilaires. Malheureusement, il nexiste pas encore daiguille à ponction trans-bronchique écho-guidée ; on réalise dabord léchographie et on repère à lendo-bronchique le meilleur site de ponction.
La sonde déchographie est alors retirée et laiguille est mise en place sur le site repéré. Le bénéfice par rapport à la ponction sans repérage ou avec repérage TDM et reconstructions avec endoscopie virtuelle nest pas évident. Néanmoins le repérage est sans doute plus fiable et les mesures de distance en profondeur du ganglion sont aussi plus précises.
Becker utilise lexploration par échographie à la sonde nue pour localiser les tumeurs distales et semi-distales et pour orienter les biopsies sans contrôle visuel ; il est difficile de savoir si léchographie apporte plus de précision que la biopsie sous amplificateur de brillance. Elle évite au moins lirradiation de cet amplificateur.
La visualisation des extensions des cancers oeso-trachéo-oesophagiens est daussi bonne qualité en échographie bronchique quen échographie transoesophagienne. Les explorations médiastinales, létude des vaisseaux pulmonaires sont encore très difficiles et en pratique non réalisables de façon fiable.
VI - COMPLICATIONS
Les complications de léchographie sont nulles ; ce sont celles de lendoscopie en général. Lexamen est plus long dune dizaine de minutes au maximum après un temps dapprentissage. Les complications de la ponction transbronchique existent mais elles sont exceptionnelles : non pas tant des risques hémorragiques que des risques infectieux médiastinaux, relativement théoriques.
CONCLUSION
Léchographie endo-bronchique sera un outil très précieux pour évaluer les petites lésions tumorales endo-bronchiques et pour permettre la comparaison de lefficacité des divers traitements que lon propose à ces tumeurs lorsquelles ne sont pas opérables. Les extensions proximales sont une nouveauté également tout à fait originale et prometteuse.
Les ponctions bénéficieront daiguilles écho-guidées lorsquelles seront techniquement suffisamment miniaturisables. Les autres indications concernant le diagnostic des tumeurs plus à distance, des maladies vasculaires pulmonaires, tout cela est encore en devenir.
BIBLIOGRAPHIE